Manger, Etouffer, Respirer

     Manger, trop manger, un énorme plat vide de riz collant. Poussière dans les yeux, le pas mal assuré. Brouillard dans la salle.

     Le parleur boit, s’étrangle, s’affole, puis reprend son souffle. Enfin, tout est fini. On parle entre nous, on bavarde joyeusement. Un sourire qui vient de loin. Sourire intérieur, comme la source cachée jaillissante, puissante et douce à la fois.

     Le serveur dessert, stoïque et poli. Un rire fuse. Salle en liesse. Comme un morceau de bonheur goûté qui fait passer le reste. Où est la loi ordinaire désormais, quand le manger n’est plus l’ordinaire. Salvatrices pensées. Coeurs ouverts.

     Pain béni que ces regards de petits lapins joyeusement timides. Le nouveau monde à portée de coeur mais le petit animal ne le sait pas encore. Un jour, lointain, prochain, mais certain.

     Regard en avant, comme le chasseur.

     Il cherche celui qui sera le prochain, parmi ses prochains. Il glisse, rusé comme le serpent, jusqu’à atteindre sa proie. Passant par le nombril, il se love entre le coeur et la foi. Sans peur ni froid désormais.

      Il ne lâchera pas prise. Je le sais: il m’a eu par surprise, moi aussi, dans ma jeunesse, et je vous l’apporte dans la joie, mes amis, et vous le laisse faire son nid douillet. Ah, vos sourires!

Laisser un commentaire

Nizar Barkouti |
Apprendre le français |
Tout comprendre vite et bien |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | General
| LA PAROLE ET LA TRACE
| la bricole