Archive pour Témoignage

Manger, Etouffer, Respirer

     Manger, trop manger, un énorme plat vide de riz collant. Poussière dans les yeux, le pas mal assuré. Brouillard dans la salle.

     Le parleur boit, s’étrangle, s’affole, puis reprend son souffle. Enfin, tout est fini. On parle entre nous, on bavarde joyeusement. Un sourire qui vient de loin. Sourire intérieur, comme la source cachée jaillissante, puissante et douce à la fois.

     Le serveur dessert, stoïque et poli. Un rire fuse. Salle en liesse. Comme un morceau de bonheur goûté qui fait passer le reste. Où est la loi ordinaire désormais, quand le manger n’est plus l’ordinaire. Salvatrices pensées. Coeurs ouverts.

     Pain béni que ces regards de petits lapins joyeusement timides. Le nouveau monde à portée de coeur mais le petit animal ne le sait pas encore. Un jour, lointain, prochain, mais certain.

     Regard en avant, comme le chasseur.

     Il cherche celui qui sera le prochain, parmi ses prochains. Il glisse, rusé comme le serpent, jusqu’à atteindre sa proie. Passant par le nombril, il se love entre le coeur et la foi. Sans peur ni froid désormais.

      Il ne lâchera pas prise. Je le sais: il m’a eu par surprise, moi aussi, dans ma jeunesse, et je vous l’apporte dans la joie, mes amis, et vous le laisse faire son nid douillet. Ah, vos sourires!

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♫ Une expérience, un soir.

     Une expérience, c’est le mot juste. C’est du vécu très réaliste. Expérimenter comme un phénomène observé en laboratoire. Il y a voir, entendre, ressentir. C’est être.

     Absence de pensées, ou plutôt, pensées vues en plein vol. Parler pour dire quoi: rien que de l’utilitaire. Ou dire ce qu’il faut faire à celui qui ressentira la nécessité d’un changement.

     Convaincre par le rayonnement fin et délicat qui part en silence et atteint sa cible malgré elle. Comme un voleur. 

     Jouer avec l’autre, se jouer de lui, le faire marcher comme un pantin de bois. Le regarder rire. 

     Apporter aux autres, laisser s’ouvrir le cœur, laisser passer la vie, ouvrir les cœurs, donner l’amour. 

     Voir et ne faire que cela. Renoncer à tout. Renoncer à peu de chose, finalement. Perdre tout mais perdre si peu pour gagner en espace et en temps. 

     Voir les couleurs, le soir, les lumières de la ville. Le rouge, le jaune et l’orange bleuté. La lumière irisée qui effleure le trottoir. Quelques voitures, quelques retardataires, et un silence entendu. Et tout est parfait.

     Le rythme de la marche est le bon, la respiration lente et animale, le film est intéressant et distrayant. Sortir le soir dans l’air frais de septembre, où la source est partout et la Loi à l’œuvre.

 

     Et l’autre, m’écoutant dire cela, comprend tout et ne veut pas y croire.

   

 

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