Archive pour Poésie

Voyage astral

De ce thé au jasmin la buée s’évapore

Je respire haletant les fleurs qui odorent

Et tombe au sol marbré de l’ancienne cheminée

Couché vaincu je pars vers d’étranges contrées.

 

Le rose et l’or blanc dessinent les contours

D’êtres géants et calmes aux abords débonnaires

Le pays montagneux des bergers aux pas lourds

Tremble et s’ouvrent les entrailles de la terre.

 

Au fond de moi je vois des rails désaffectés

Un peu d’huile et je creuse jusqu’au coffre au trésor

Et porteur d’un rubis gros comme un sémaphore

Je me réveille et l’offre à la femme d’à côté

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Le Tilleul

C’est un vieil arbre rond, le tilleul aux ailerons

Ce géant s’enracine dès le seuil de ma vie

Il m’a vu naître ici au lit même de ma mère

 

Comme le fit Baucis aux tendres attentions

Qui prolongea sa vie près de son doux mari 

Ses branches s’entremèlent au corps de notre ferme

 

Où les bêtes de somme ne cessent de brouter

Et les hommes au sillon sans cesse labourer

Et l’arbre est toujours là, comme une vérité.

 

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Le Contrat

Toi l’homme aux cheveux noirs et à l’accent du sud
Rends-moi mes trois dinars ou l’hiver sera rude
Et le contrat signé que tu as conservé
Aussi bien que moi-même tu l’as presque renié

Mais dans ma boîte verte j’ai un beau souvenir
Une mèche nouée qu’à moi seul a offert
Une belle mignonne qui partageait nos rires
Qui me mérite mieux que ton regard trop fier

Et si tu veux me battre à ce match féroce
Fais comme les chiens des rues à gronder pour un os
Ou bien tourne la page et vois ta signature
Reconnait là ta dette et ta faible nature

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Chionée

Dans la pénombre je me glisse jusque chez toi
Et jette un œil à ta fenêtre encore une fois
Le vent ferma d’un coup tous mes derniers espoirs
Sur toi Aquilon veille, froid et jaloux vieillard

Trois cours accélérés de boule de cristal
Me firent deviner où se cache ton château
Mais les frères de ton dieu repoussèrent mon bateau
Je fis appel aux miens, et à leurs flottes royales

Grandiose fut la bataille, le feu de la jeunesse
Fit fondre les glaciers de la blanche forteresse
S’approcha enneigée ma princesse Chionée
Nos deux cœurs sublimèrent en brume de janvier

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Grand Nord

Le brise-glace avance et la banquise cède

C’est ma foi qui dérange comme une brise glacée

J’entretiens l’incertain par mes questions osées

Et vous donne à goûter cet amer remède

.

Où aller quand tout semble partir en morceaux

Et que flottent épars les majestueux radeaux

Les manchots sans trembler se laissent dériver

Et rejoignent la côte des royaumes altiers

.

En fumée ils sacrifient aux Inuits de Borée

Près des forêts ombrées des peuples indigènes

La peau tannée des bêtes ou les plumes diaprées

Ornent les corps avides et ivres mais sans chaines

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Repas de Famille

La bonne odeur du plat qu’on retire du four

La famille réunie près d’une nappe blanche

Le café et dehors la clope du dimanche

Les gamins ont grandi et partagent nos discours

.

Chaque année, c’est ainsi, une dame s’invite

Et nous dit l’aventure à coups de réussites

Et voyages et amours, nos destins seront bons

Je le crois, parmi nous la paix règne pour de bon

.

Les volets sont ouverts sur une neige muette

Le premier réveillé je ranime le feu

Le chien rentre, ensemble on partage les miettes

A lui l’os, moi le reste, c‘est Noël, quoi de mieux ?

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Les Âges

Je débranche l’engin qui fait s’enfuir les chats

La moquette vieillie a la couleur du soir

Papa qui s’est assis dans le fauteuil ivoire

Ecoute, attentif, les chants près du canal

 

Les voisins rentrent tard, leurs enfants ont sommeil

Mais demain leurs éclats brilleront au soleil

Un jour notre maison résonnera ainsi

Je compte bien en faire une école de la vie

 

Un coup de balai brise le miroir de l’entrée

Je ne guetterai plus mon reflet étonné

Je n’attends de la vie que des instantanés

Fille, épouse et mère, un album à aimer

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Quelqu’un devant mes yeux (ou vivre l’amour fou à voir l’Invisible)

Devant moi chaque instant tes yeux noirs me rassurent

Et jamais mon regard pour ailleurs fuit le tien

De tous côtés comme une mouche j’évite les murs

Et Tu sera tout près de moi je le veux bien

 

Ma raison déraisonne et sonne la folle danse

Et célèbre ma vie qui vient juste de naître

Que veux-tu ? Qui es-tu ? Que me veux-tu ? Silence.

Tu es là et toujours ton regard me pénètre

 

Et ta voix que j’entend parfois comme un murmure

Qui est d’une tendresse à tomber à genoux

Mon ami anonyme que suis-je donc pour toi ?

 

La nuit passe et la route s’élargit et perdure

Je poursuit le chemin droit devant à me taire

Habitué aux sourires qui répondent aux pourquoi

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Vénus

Le bourdon qui résonne dans ma cloche fêlée

Fait jaillir des rayons, musique de ma sphère

La boule à milles facettes, ma personnalité

Tourne sans s’arrêter au rythme de l’univers

.

Comme un diable à ressort s’agite en sur-place

Et maquille sa joie dans le palais des glaces

Où il cherche la femme fardée comme une toile

Au sortir de la boîte je découvre une étoile

.

Elle scintille de son unique face à moi

Me fait danser les yeux en tournis musical

Et la voix cristalline de la belle allumeuse

Remonte ma pendule jusqu’à l’heure heureuse

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Je suis parti

Je suis parti car son souffle sentait le soufre

J’étouffais et j’ai tout fait pour m’en sortir

J’ai respiré l’air pur en survolant le gouffre

Des souvenirs et des désirs j’ai pu guérir

 

Transperçant le dragon, j’ai tué le geôlier

La porte était ouverte, c’est simple la liberté

J’ai rejoint le merle qui au loin me chantait

Un air du Poète pour me réconforter

 

Aujourd’hui élevé au rang de simple simplet

Aux prisonniers en douce je fais passer la lime

Limez, de nuit, de jour, les barreaux de vous-même

Soyez libre de tout, il restera un «je t’aime»

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Nizar Barkouti |
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