Archive pour Poésie

Mère

Dans ma main un savon explore ton corps

De l’épaule je soutiens ta nuque sans effort

Ton buste que j’aime est sur le mien placé

Femme enceinte ensemble nous le portons léger

 

Un ballet de mousse et de bulles devant nous

Ne cache qu’à peine la silhouette de maman

Qui attend, patiente et le regard aimant,

Qu’on la remplace, et deux amants seront parents

 

Comme une statuette de la Vierge, je caresse

Ta photo que sans une larme je déplace

Vers l’urne funéraire désormais ta place

C’est ce que tu voulais, chez toi qu’un bébé naisse.

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Les Mots d’Amour

Tout seul avec ces mots en guise de cercueil

Je glisse ainsi que la rivière saigne de l’oeil

Creusant ma tombe, un ogre grogne ses reproches

Sévérité imméritée, ma mort approche

 

Je me relis, gratte mon front, croque une pomme

Comme il est bien facile de mots blesser un homme

Que ceux qui sont tentés de peindre une œuvre telle

Sachent qu’ils ont pour cible l’enfant de Guillaume Tell

 

Jamais seul car sans cesse

Une voix te caresse

Abandonne ton chagrin

Dans mes bras tu es bien

Mets ta main dans la mienne,

Mon enfant je te mène

Et nous serons ensemble

Le bonheur te ressemble

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Je t’offre l’Infini

Ami triste, âme damnée, lourd est ton gris chagrin

Lève le nez, vois plus loin que ces mauvaises pensées

Pleure bien, tout ton corps est lavé par les larmes

A la fin un sourire fera vivre ton âme

 

Promène ta carcasse dans les rues et dis-toi

Que c’est une campagne avec quelques pierres

Ton œil au-dedans voit s’épanouir le lierre

Et le chêne solide au milieu de la place

 

Blanchis l’ombre en toi, ressuscite tes envies

Redore ton blason, colore l’horizon

Ajuste tes pensées sur l’amour infini

Que je t’offre, mon ami, viens dans ma maison

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Les Ciseaux d’Or

L’eau claire de l’étang reflète ton image

Nuages et abeilles ornent ton doux visage

Une tanche trouble la surface de l’eau

Faisons fi du miroir, vivons ce jour nouveau

.

On a jeté nos cannes, et caché des pêcheurs

On a jusqu’à la taille goûté à la fraîcheur

Les perches et les goujons nous taquinent les mollets

Asseyons-nous ici, sous l’eau visitons-les

.

Bouches closes, des carpes nous faisons nos amies

Yeux ouverts et en main une paire de ciseaux d’or

De faire cause commune, relevons ce défi

Coupons les fils à pêche, des pêcheurs qui s’ignorent

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La Girouette

En haut du clocher, Moitié-de-Poulet

Va à droite ou à gauche, dit par-ci, non par-là

Il ne sait plus très bien à qui il doit se fier

A la bise du nord ou l’alizé d’en bas

 

Il demande à la chouette: ouvre les yeux dit-elle

Appelle le lapin: heureux dans un terrier

Le lévrier lui dit: cours et soit le premier

Le chêne lui répond: solide est le fidèle

 

Tous ces jolis conseils un par un sont parfaits

Mais ensemble ils me semblent un labyrinthe clos

Laissez-moi démêler ce brillant écheveau

Je saurai en tisser la voile d’une caravelle

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Un Ami

Autrefois j’ai connu un homme, un ami

Son regard affectueux lisait toute ma vie

 

Il avait tant vécu, an par an, toutes choses

Une à une il mit à jour de mes peurs les causes

 

Il avait traversé ouragans et tempêtes

Il vida la noirceur de mon cœur, de ma tête
Qu’à la fin il n’avait que l’amour dans son cœur

Mes yeux il a ouvert, j’étais plein de bonheur

 

Sans rien me demander

Pourquoi donc l’a-t-il fait ?

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♫ Claude Debussy

 

La douce mélodie de Claude Debussy

Coule comme ruisseau, en gouttes vagabondes,

Rejoint rivière et fleuve, nourrit la terre féconde

Et fonde dans la mer un vaste paradis

 

Le faune se dérobe et la musique est reine

Des cordes en arpège et de la flûte lisse

Sous les vagues, dans l’océan, jouent les sirènes

Et les nymphes une cathédrale bâtissent

 

 

Liszt, Ravel, Schubert, Chopin dans les nuages

En harmonie de l’aube à midi ils esquissent

Une mélodie sans pareille en hommage

A lui qui est le prince des impressionnistes

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Sur l’Eau

Le vent salé fouette le flanc du bateau bleu

Délavant sa couleur pâle comme le ciel

Dès l’aube je profite du matin brumeux

Bientôt les alevins salueront le soleil

.

Je pousse la manette et la machine crie

Je file droit devant, cheveux ébouriffés

L’eau fuit de tous côtés comme embruns en furie

Neptune déchainé parcourt ses contrées

.

Trop de bruit, trop de vague, je stoppe et fait le calme

Tout le monde se cache, une limande hésite

Une mouette me parle, le vent me remercie

La nature sourit qu’en silence l’on flâne

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Les Pensées

La loi demeure la même à chacun dans le monde

Nos pensées dans nos têtes affluent et vagabondent

Tourne ce beau manège de nos rêves enchantés.

Cessera-t-il un jour d’âne nous faire tourner ?

.

Tu auras beau freiner, forçant des quatre fers,

Ta belle liberté, libre, il n’a que faire.

Ton existence, en vérité, est le Grand-Oeuvre

Pris dans les bras serrés de la géante pieuvre.

.

Elle n’abandonne pas le soir au lit couché

Car c’est d’elles que viennent les mondes fantastiques:

Féeries imagées sont comme les pensées.

Ô Seigneur aie pitié ! , mille abeilles me piquent.

.

Mais salut point ne donne, c’est à moi de quérir

Par mes efforts la bonne assise cérébrale.

Ne comptant pas ma peine, je parvins à guérir.

Un rayon éclaira les oiseaux de métal.

.

Les pensées, affolées, vers les anges s’envolent,

Eux me lisent et sourient de ma situation.

Et le silence royal de l’imposant Eole

Commémore la naissance d‘une nouvelle Orion.

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La Danse

Une curiosité était dans la vitrine

D’un marchand de passé, aussi vieux que les ruines

Qu’il nous vends à prix d’or, le coquin, c’est pourquoi

Je n’eu aucun remord à le voler, ma foi.

De nuit, je m’introduis revêtu d’habits noirs

Tout comme la panthère, j’avançais sans rien voir.

L’objet de mes désirs, sinon de mon tourment,

Je le vis là posé sous une feuille libre.

C’est le mode d’emploi de l’appareil cuivré

Dont j’usai, en poussant les trois boutons nacrés.

L’objet brillant s’ouvrit, une danseuse vive

Joua des longues jambes et de ses bras si fins.

Et la musique fit que, par un sort sans fin,

Je dansais d’allégresse une valse si belle

Que du moindre quidam elle ravit les oreilles.

A l’heure où je vous parle, je mène encore la danse.

Mes riverains vous le diront dans ma Provence,

Maître je suis des cœurs, des filles et des abeilles.

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Nizar Barkouti |
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