Archive pour Poésie

J’suis un drogué

Je ne peux pas m’en empêcher, je suis accro

Le Bon Dieu en est le témoin, matin, soirée

Je me signe et je me confesse, même au boulot

Et je me cache pour prier, j’suis un drogué.

 

Parfois quand je suis trop en manque, je m’agenouille

Ce n’est que prières et neuvaines, une grenouille

Des fois j’essaye d’arrêter, mais ça me gratte

Dieu quand Il vous a repéré, comme Il te mate

.

Avant j’était buveur fumeur, et je toussais

Mouche dans la parente toile, je me cherchais

Quelqu‘un est venu près de moi, Tu m’as souris

Et la Passion de Ton regard, j’ai choisis

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Histoire d’une Cité

Sous le feu du soleil, je marche et je trouve

La roche maternelle qu’à genoux je bénis.

Et je creuse alentour fondations et douves.

Avec mes compères, la Cité se construit.

.

Nouvelle Babylone, elle accueille fripons,

Bandits, marchands, ivrognes en peuplent les bas-fonds.

Ma statue déifiée trône, sceptre brandi

Au milieu de l’Empire, peuples par moi conquis.

.

Puis, assouvi de vices, je prie Dieu m’en délivre.

Par feu et eau divins, au déluge Il nous livre.Péchés lavés, remis, ton village natal

Est le fils de l’Empire, comme toi du vieux roi.

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♫ J’ai acheté des billets

 

J’ai acheté des billets

D’avion pour la Papouasie.

Au côté de ma poupée

On fera plein de petits.

Je lui apprendrai l’amour

De la tendre poésie.

Elle me donnera en retour

Des leçons de politesse

Et de bonne éducation.

Je m’y applique sans cesse,

Et reconnais des passions.

Ma nature, vous devinez,

Est d’un rustre raffiné.

Là-bas on sera heureux.

Jésus, Marie, le Bon Dieu

Nous verront rire et sourire.

Ils béniront nos enfants.

Soyez bénis, faites élire

Le cœur de votre âme d’enfant.

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♫ Refuge

La bûche sur la souche posée en équilibre

Est fendue sous la hache et l’effort que je livre.

Le froid gèle mon souffle ce matin de novembre,

La Norvège me souffle un vent glaçant mes membres

 

Le petit bois je rentre au chalet de rondins.

Ma tendre m’y attends dans l’odeur du café

Qui se mélange au thym, à l’armoise et au pain.

Ainsi passent mes heures, chaque jour que Dieu fait.

 

S’il est un paradis où règne l’innocence

C’est parmi le laurier et les lièvres sauvages

Qu’il faut le vivre alors, qu’on ait cent ans d’avance

Ou bien cent de retard, on y est au même Âge

.

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Distance

Si un jour apparaît devant toi, subitement,

Un ennui, un nuage, un sot désagrément,

Fais un pas en arrière et observe alentour,

Tu le vois mieux déjà, tu devines le contour.

Fais deux pas assurés au chemin à l’envers,

Il est moins redoutable qu’il n’en avait l’air.

Fais dix pas à rebours, plein d‘entrain, ô surprise,

Il sera anodin et ta main aura prise.

Balaye-le, fais du vent, ris, souffle, ou bats des mains,

Si ça ne suffit pas, sur l’inédit chemin,

Fais mille pas, enthousiaste, et va loin comme Ulysse,

Contraintes et aléas, au loin s’évanouissent. 

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Jeu de Minuit

A l’heure où tout le monde replie le drap sur lui,

Je m’assoie en silence sur un morceau de bois.

Et je tente ma chance au jeu pieux de minuit,

Comme le chouette hibou éveillé dans le bois.

Alors je mise un peu, pour ne pas tout risquer,

Et j’attends Ta réponse, comme un vague murmure.

L’oreille tendue, j’entends le moustique crier.

C’est moi, aéroplane, qui passe du son le mur.

Et j’entre maintenant dans l’espace infini;

Je mets sur le tapis quelques billets de plus.

J’offre mon corps, mes larmes, à Ceux que l’on bénit;

Ils me rendent le même, et toute honte est bue.

Après douze minutes de ce rapport fidèle,

Je me lève et me couche, cœur uni à ma belle,

Car je n’hésite pas à en faire profiter

Qui me demandera de ma Félicité.

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Le Sacrifice

Sur l’autel où je m’agenouille

Parmi les bigots, les grenouilles,

Je T’offre, Aimé, en sacrifice

Ces noirs secrets faits d’artifices:

Colère, amertume et rancœur

Je dépose auprès de ton chœur

Tout ce que j’avais sur le mien,

Malgré les cris poussés en chœur

Des mauvais génies possesseurs

De mon âme, sauvée enfin.

Chagrins, faiblesses et noirs desseins,

Avec l’aide de tous les saints,

Au feu je jette sans regret.

Ainsi je remplis mon grenier.

Le bon grain remplace l’ ivraie.

Seigneur, aujourd’hui, m’enivrer

De Ton amour, oui, je préfère,

Et je chante ma liberté.

J’échange pour Ta destinée

La pauvre mienne, ô mon Père.

A tous, le chemin est ouvert

Si le courage ne manque guère.

Sachez, ô mes frères d’étude,

Que l’Un a dit: tu es Cela,

Être, Conscience, Béatitude

Ou bien Sat, Chit, et Ananda

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♫ Ma Fée

Quand elle danse devant moi, faisant vibrer ses ailes

J’essaie de l’attraper. Peine perdue, la gazelle

File vite, jamais deux fois au même endroit.

Oh, j’ai peine à la suivre, et son rythme m’enivre

Là  je m’évanouis, les murs ne sont plus droits.

L‘image d’elle approche, me regarde survivre.

Dans ce monde d‘air pur, à la nature féconde,

Vais-je quitter ma vie pour goûter à la sienne,

Cette mignonne fée qui, frivole, vagabonde

Dans mes nuits enfiévrées ? Mais que pourra advienne !

Je déclare forfait, que son monde me prenne…

Et depuis, dans un bois, près d’un étang d’eau douce,

Nous passons nos journées en hamac, ô ma douce.

Sans que, au grand jamais, malgré ma paire d’ailes,

Je ne vole sa confiance aux bras des demoiselles.

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Sa Fiancée

Il y a quelques années de ça

Papillon et barbapapa

Traînant le pied sur le Chemin

Hochet, joujoux et traversin

Un nuage noir m’envahit

Pompier, tambour, pipi au lit

Je n’avais plus envie de rien

Bavoir, veilleuse et Papotin

La voix qui m’était familière

Billevesée et fourmilière

M’appela, oserai-je le dire,

Bulletin scolaire et Casimir

«Ma fiancée», j’en fut outré

Baba au rhum et crème glacée

Mais aujourd’hui j’en suis flatté

Gaspard, Hector et Barnabé

Car le Christ j’ai épousé.

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Gratitude, Communion, Sexe

Lorsque je vaque à la campagne

Ma main dans celle de ma compagne

Qu’elle a envie de pique-niquer

Je n’me fait pas beaucoup prier

C’est la communion

 

Quand s’accomplit l’œuvre divine

Pilons, salade et grenadine

Après on s’assoit moi contre elle

Et je remercie le Ciel

C’est la gratitude

 

Le soir trop fatigués pour ça

On ronfle comme deux poussahs

Que même les chats sont dégoutés

Qu’on ait ravi leurs oreillers

C’est le sexe dans la journée.

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Nizar Barkouti |
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